Sundgau Sécheresse : un arrêté qui laisse les élus dans « l’incompréhension totale »
Le 6 août dernier, la préfecture du Haut-Rhin plaçait le Sundgau – le secteur « Ill amont » – en situation de crise : la sécheresse et la baisse des débits des cours d’eau imposaient des restrictions dans les usages. Cet arrêté vient d’être abrogé, laissant les élus dans « l’incompréhension totale ».
Morgane Schertzinger – Hier à 17:30 – Temps de lecture : 3 min
Comme l’Ill à Durmenach, plusieurs cours d’eau et affluents sundgauviens sont presque à sec. Photo fournie
C’est une décision décrite comme étant « en décalage complet avec la réalité du terrain ». Mardi 8 septembre, les maires sundgauviens ont été destinataires d’un mail émanant de la préfecture du Haut-Rhin. Ce message leur annonce la publication d’un arrêté « abrogeant les mesures de restriction sur le secteur Ill amont ». « Les restrictions qu’on connaît, comme limiter le remplissage de sa piscine, le lavage de sa voiture etc., tout ce qu’on demande aux gens de ne pas faire, ça saute », traduit Gilles Fremiot, le président de la communauté de communes Sundgau (CCS).
L’élu est remonté. « On est dans l’incompréhension totale, on ne comprend pas ce qui a motivé les services de l’État à prendre cette décision. Les affluents sont à sec, les cours d’eau sont au plus bas. » Et d’illustrer ses propos : « Le canal qui passe à Heidwiller [commune dont il est maire, NDLR] est alimenté par la Largue, or si on autorise à nouveau les usagers à pomper dans la Largue qui est déjà en grande souffrance, elle sera encore plus fragilisée. »
Un affluent de l’Ill à Werentzhouse à sec. Photo fournie
Pas de concertation avec les acteurs locaux
Avec Nicolas Holleville, le président de la communauté de communes Sud Alsace Largue, Dominique Springinsfeld, le vice-président en charge de l’eau potable à la CCS et Jérémy Ditner, le président de l’Epage Largue , Gilles Fremiot a cosigné dans la foulée un message de réponse à la préfecture. Ils y déplorent un manque « de concertation avec les acteurs locaux de l’eau » et affichent leur incompréhension face « aux éléments factuels [qui] ont pu motiver une telle décision ». Le préfet a fait savoir qu’il leur ferait un retour sur ce point.
On a trouvé cette décision très précipitée.
Jérémy Ditner, président de l’Epage Largue
D’après l’arrêté, la préfecture se base sur « le bulletin de suivi de l’étiage [débit minimal d’un cours d’eau, NDLR] de la Dreal Grand Est » pour décider du changement de statut d’un secteur ; « l’Ill amont » étant passée de « zone en crise » à « zone en vigilance ». « La préfecture fait en fonction des débits. Quand on passe au-dessus d’un certain nombre de litres par seconde, elle prend des arrêtés cadres, parfois juste à la faveur de quelques pluies », explique Jérémy Ditner, le président de l’Epage Largue, évoquant une « application très technocratique » qui prend en compte les niveaux d’eau « en surface », mais pas « de manière plus souterraine ».
Un appel « à maintenir les restrictions »
Selon lui, il faudrait que ces méthodes de classement évoluent pour être adaptées au changement climatique et qu’une concertation avec les locaux soit initiée. « On n’a jamais eu un étiage aussi bas sur une période aussi longue que cette année. Et on est loin d’être tiré d’affaires », prévient-il.
Malgré l’abrogation de l’arrêté sécheresse du 6 août, Gilles Fremiot appelle les Sundgauviens « à maintenir les restrictions » sur les usages de l’eau, la situation étant toujours critique. À Ferrette, où le niveau du réservoir d’eau potable est bas, un citernage a été organisé il y a quelques jours [90 mètres cubes transportés depuis Riespach]. Une opération qui sera répétée à Bouxwiller, confrontée à la même problématique, ce mercredi 9 et ce vendredi 11 septembre. Fermée depuis le 4 septembre, la piscine du Jura alsacien n’est quant à elle pas encore prête à retrouver ses nageurs.
