L’ACCIDENT DU CHEMIN DE FER DE L’EST du 15 DECEMBRE 1892
Un terrible accident est arrivé, jeudi soir, dans la gare de Petit-Croix, près de Belfort.
Le train-poste 40-42, allant à Paris, arrivait, vers sept heures du soir, de Montreux-Vieux à la gare de Petit-Croix, quand il se rencontra avec un train de marchandises en manœuvre.
Le choc fut d’une violence extrême. M. Prosper Lévy, négociant en porcelaines, 7, boulevard Magenta, à Paris, a été broyé dans un wagon de 1re classe.
Un autre voyageur, qui se trouvait dans le même compartiment, n’a eu qu’une légère contusion au visage.
Quatre autres voyageurs de seconde classe ont été légèrement contusionnés.
Le chef du train, M. Fauvel, a été lancé sur la voie et s’est cassé la mâchoire. Il a pu néanmoins se relever et accourir au secours des voyageurs, affolés de terreur, qui se précipitaient aux portières.
Le garde-frein, le mécanicien, le chauffeur et le chauffeur du train de marchandises ont été plus grièvement blessés.
M. Jacquemin, directeur de la Compagnie de l’Est, est parti, hier matin, par le premier train avec deux administrateurs de la ligne, afin d’assister à l’enquête.
L’Administration a fait prévenir la famille de M. Prosper Lévy, par le commissaire spécial de la gare, de l’affreux malheur qui la frappait.
Le corps a été ramené hier soir à Paris.
M. Fauvel, le chef de train, a pu revenir à Paris ; les autres blessés, employés de l’administration, ont reçu les premiers soins à Petit-Croix ; ils seront ramenés demain si leur situation le permet.
On ne sait encore à quelle cause attribuer cet affreux accident.
L’accident relaté dans cet article s’est produit le jeudi 15 décembre 1892 à 18 h 50, en gare de Petit-Croix (Territoire de Belfort). L’article retranscrit a quant à lui été publié le surlendemain, le samedi 17 décembre 1892, dans la presse nationale (notamment dans le journal Le Temps).

