Trafic de phosphore à la frontière de Montreux-Vieux.
Une frontière, c’est souvent le théâtre de trafics en tous genres. Mais saviez-vous qu’en 1900, à la frontière de Montreux-Vieux, la douane a intercepté… une locomotive de contrebande ?
Voici cette histoire incroyable 
 
Le coup de filet
Le 17 avril 1900, sur dénonciation anonyme, les douaniers stoppent un train reliant Montreux-Vieux à Belfort. En fouillant la locomotive, ils découvrent l’impensable : 150 kg de phosphore cachés dans 14 bidons, en plein cœur du réservoir à eau ! Le mécanicien et le chauffeur sont arrêtés, et la locomotive est immédiatement saisie.
 
Le business secret des allumettes
Pourquoi un tel trafic ? À l’époque, la France détient le monopole des allumettes.. Elles coûtent bien moins cher en Allemagne ou en Suisse. Un immense réseau de contrebande se développe alors.
 
Les « colporteuses », des torches vivantes
Si la locomotive gérait le trafic « industriel », les femmes jouaient un rôle clé à l’échelle artisanale. Surnommées les « frauduleuses », elles profitaient du volume de leurs robes (crinolines et jupons) pour cacher des montagnes de boîtes d’allumettes.
Mais cette ruse cachait un danger mortel. Le phosphore est hyper instable :
    • Un frottement de cuisses un peu trop rapide en marchant…
    • Le cahot violent d’une charrette…
    • Un geste brusque…

… et l’étincelle jaillissait. Face aux tissus ultra-inflammables de l’époque, la malheureuse se transformait instantanément en torche vivante.
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